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26/09/2008

Transferts Nord-Sud... c'est la crise !!!

Le 7 janvier 2005, l'état-major du parti nationaliste flamand N-VA prenait la tête d'un cortège de 12 camions et avait fait route vers les ascenseurs de Strépy-Thieu considéré comme le symbole de la gabegie "made in Wallonia". Pourquoi 12 camions ? C'était le charroi considéré comme nécessaire pour transporter 11,3 milliards d'euros en coupure de 50 euros…

b9c2e95b8de071e68f4bef24303c7b87.jpgEn 2006, les calculs de la NVA ayant été revu, la métaphore était devenue « chaque flamand paie une voiture aux wallons tous les quatre ans », Notez que ceci peut être compris comme le flamand paie la voiture, tout autant que comme  le wallon reçoit la voiture…
Mais il y a deux fois plus de flamands que de wallons, …
Cette formulation sous-entendrait que chaque wallon recevrait deux voitures… ou que chaque flamand n’en paierait qu’une demi…

Mais voilà, en 2008, d’après les chiffres de la BNB et selon la VRT, chaque flamand ne paierait déjà plus qu’un téléviseur à chaque wallon…

Bref, en 2010, chaque wallon ne recevra plus qu’un vélo de la Flandre…

07/05/2008

Transferts flamands : entre charité et investissement...

Une étude américaine (Université de Columbia) parue récemment compare les opportunités d'investissements dans le monde. Ses conclusions à propos de la Belgique méritent de retenir notre attention :


"Potential

A stable macroeconomic environment and a central location, which offers easy access to the UK, French, Dutch and German markets, will remain important points of attraction for inward FDI flows. Flanders has acquired a reputation as a centre for a range of high-technology activities and Brussels is well situated and serviced to manage EU-wide operations. Wallonia, which is trying to enhance its status and its marketing efforts and wants to build special centres of excellence, has the highest growth potential of the three regions."

Sce : The Economist Intelligence Unit : World investment prospects to 2011


Selon cette étude, la Wallonie, notamment grâce au plan Marshal est la région à plus haut potentiel parmi les trois régions de Belgique.

Tout investisseur sait bien que quand il a de l'argent, son problème est de savoir quoi acheter alors que quand il a acheté son problème devient de bien vendre...
La Flandre est aujourd'hui dans la situation de l'investisseur avec beaucoup (trop de leur propre aveu...) de liquidités. D'un simple point de vue économique, la Flandre devrait investir. Et selon cette étude américaine, la wallonie est la région au plus haut potentiel de développement économique, et donc celle qui offrira à terme le meilleur retour sur investissement à ses investisseurs... A long terme, les investissements en Wallonie devaient être les plus rentables.

La même étude nous informe de l'origine des investissements effectués en Belgique :

"Origin and distribution

The main foreign investors into Belgium have historically been the US, France and the Netherlands. According to the Ernst & Young study, the US accounted for 35% of the number of investment projects in 2005. It continues to be the main investor in Flanders, which attracts the largest share of FDI in Belgium. Both Flanders and Wallonia are increasingly successful in attracting warehousing and distribution centres for a significant part of Europe. FDI in Belgium as a whole is concentrated mainly in the real estate and general business services (excluding financial services), which comprised 22.2% of incoming FDI in 2005. In manufacturing, Belgium receives FDI inflows to its automotive industry from long-standing investors such as Ford, General Motors (both US), Volkswagen (Germany) and Volvo (Sweden). Greenfield investments are largely concentrated in the general chemicals (particularly plastic and rubber), pharmaceuticals and life sciences sectors. The major electricity companies, Electrabel and SPE, are now foreign-owned, so much new investment is coming from the parent companies, currently based in France.
"


Nous y apprenons que les USA contribuent à concurrence de 35% aux investissements en Belgique en 2005. Il apparait aussi que les USA sont les principaux investisseurs en Flandre. Ford et General Motors sont deux société américaines ayant déployé des investissements majeurs en Flandre.
La récession annoncée aux USA, le changement de configuration des approvisionnements automobiles en Flandre (l'implantation de ces industries durant les années 60 était du aux possibilités d'approvisionnement en matières premières via la sidérurgie wallonne et aux possibilités d'exportation via les ports flamands), la surcapacité de l'industrie automobile impliqueront nécessairement à moyen terme une restructuration significative de ce secteur...

Les facteurs défavorables...

"One deterrent to FDI in Belgium is its poor ranking for research and development (R&D), spending on which has declined as a share of GDP in recent years. However, Belgium has some strong research initiatives, such as the Inter-University Micro-Electronics Centre (IMEC) in Leuven and the headquarters of GlaxoSmithKline Biologicals in Rixensart.
Another deterrent to FDI in Belgium is its high labour costs, although discounts on the generally high level of social insurance contributions are provided for certain groups, including younger workers, older workers and researchers."

Deux points sont relevés : le faible niveau de recherche et développement et le cout du travail en Belgique.
La Flandre devrait s'interroger sur le différentiel des niveaux R&D entre la Wallonie et elle.
Sans le dire, et grâce à l'objectif 1, le Hainaut développe en Wallonie l'équivalent de la Flanders Technology Valley construite pour accueillir autour de Lernout et Hauspie pour accueillir les futurs développements flamands des technologiques informatiques. Outre la faillite retentissante -qui n'a pas contribé à la réputation de la région...- tant l'Etat Flamand que des centaines de particuliers ont dépensé en pure perte des sommes parfois colossales dans un projet a priori prestigieux mais mal préparé.
Google et Microsoft, sans le faste de la Silicon Valley Flamande s'installent en Wallonie...
Rappelons également qu'une étude récente de l'institut de géographie de la KULeuven prédit une extension de l'interland de Bruxelles sur l'axe Louvain-La-Neuve - Gembloux - Namur.
La création d'un axe de recherche universitaire réunissant les deux poles LLN-Namur de l'académie Louvain devrait favoriser le développement R&D en région wallonne.
 
Autre point qui devrait inquiéter la Flandre, les ressources rares sont chères, les ressources abondantes sont bon marché.
En tarissant les transferts et en réclamant une régionalisation de l'emploi, la Flandre va appauvrir la Wallonie et donc à terme, rendre le marché de l'emploi wallon plus attractif : si réellement, les chômeurs wallons sont financés par la Flandre, le retrait de ce financement rendra impossible le maintien du système d'allocation actuel et ne pourra que conduire à une réduction du coût salarial en wallonie... par rapport à une Flandre où une main d'oeuvre rare pourra exiger des salaires supérieurs. L'investisseur qu'il soit étranger ou flamand aura vite compris où est son profit. Il n'y a pas que pour l'empereur Vespasien que l'argent n'a pas d'odeur...
Que penser par ailleurs de l'effet d'une diminution du pouvoir d'achat wallon sur le commerce flamand : le wallon continuera-t-il a préférer Colruyt à Aldi ? Ne persons pas de vue qu'Aldi est le Colruyt allemand...
 
Ajoutons enfin un troisième point, le premier client de la Flandre est la wallonie... appauvrir son client n'est pas un gage de prospérité à venir. Le plan Marshall à l'issue de la deuxième guerre mondiale a investit massivement de l'argent en Europe... pour en faire des clients. La Flandre a bénéficié de 75% des subsides américains accordés à la Belgique. Cela lui a permis de transformer une région agricole en région industrielle. Mais toute chose en économie est cyclique et il semble que le pain blanc flamand est à présent presque totalement consommé. Placer son argent dans le coffre-fort de sa région n'est pas nécessairement la solution., surtout lorque -comme la Belgique- son développement économique est lié à sa situation géographique. Les délocalisations compensent parfois une localisation moins favorable : Renault ferme Vilvorde mais ouvre Dacia en Roumanie, Volkswagen est à la veille d'une fermeture soumise aux décisions de son nouvel actionnaire principal Porsche,...


En conclusion :

La Flandre n'a aucun intérêt économique objectif à augmenter les différentiels avec les régions voisines.
Vouloir supprimer les transferts revient à se couper tant d'une clientèle actuelle que de possibilités d'investissements futurs. La Flandre serait bien mieux inspirée en utilisant le niveau fédéral comme levier pour conduire une évolution de la wallonie vers les méthodes de gestion anglo-saxones qui semblent pour l'instant être les plus performantes, tout en maintenant un système de solidarité sociale à la nordique, lui aussi performant.

27/04/2008

NVA : le petit chien qui aboie quand la caravane passe...

Aux dernières nouvelles, les grands penseurs de la NVA ne digèraient pas la prime de 75 € que le ministre de l'emploi propose d'accorder aux travailleurs engagés de l'autre coté de "la frontière linguistique", au motif qu'il s'agirait selon eux d'un nouveau transfert nord-sud...

Voila -enfin- une considération humoristique dans un paysage politique quelque peu monotone...
Car somme toute, d'un point de vue macro-économique, la situation est relativement simple, voire simpliste :
soit les entreprises flamandes trouvent de la main d'oeuvre sur place, soit elles délocalisent là où la main d'oeuvre est disponible...

La proposition du ministre de l'emploi revient dès lors à subsidier l'emploi flamand en vue d'éviter sa délocalisation... en wallonie où l'emploi existe et où le coût salarial est moins élévé... qu'en Flandre...

En critiquant la subsidiation de l'emploi en Flandre par le pouvoir fédéral, l'opposition farouche et obscurantiste des humoristes de la NVA ne fait donc que mettre en évidence l'intérêt pour les entreprises flamandes à délocaliser vers des régions aux coûts salariaux moins élevés... comme la Wallonie, par exemple...
Sans compter que ce déménagement se ferait à faible coût au vu des distances géographiques et pourrait même le cas échéant bénéficier d'un subside wallon et/ou européen.

Grand merci à la NVA d'avoir rappelé aux entrepises à la recherche d'opportunités économiques cette solution facilement oubliée. Merci encore à la NVA d'avoir souligné auprès des patrons flamands cette opportunité à saisir pour obtenir un subside fédéral indirect : en somme, le fédéral subsidiera des emplois flamands au prétexte de faciliter les engagements de personnel qualifié en Flandre...

La NVA a fort heureusement dénoncé l'iniquité de cette proposition qui défavorise les entrepreneurs wallons (puisque eux, recrutant sur place, ne pourront faire bénéficier leur personnel de cette opportunité...)

A moins que ce que ne vise Bart De Wever soit les 75€ dont pourrait bénéficier sa frangine installée dans la Gaume... francophone.